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Sémic : Zembla chez Freud
On peut lire sur le "Cercle des PF…" quelques interrogations sur la série Zembla :

Le héros ne fait-il pas l'apologie du colonialisme et du racisme ?

A quelle espèce de félin appartient Satanas ?
Que fait un Kangourou en Afrique ?
Quel est le vrai nom de Yé-Yé ?
Si on s'écarte d'une lecture au premier degré on se rend compte que ces questions n'ont pas de réponse : Zembla ne vit pas en Afrique; il vit dans nos fantasmes de jeunes adolescents. Il habite la cabane dans la nature avec des animaux sympas mais pas trop loin de la civilisation dont nous avons tous rêvé autour de dix ans.
Satanas par Oneta
Zembla n'est pas une série réaliste mais une sorte de conte fantastique; une fantasmagorie sur le monde de l'adolescence destinée à faire rêver et sourire le lecteur.

Les personnages humains de Zembla sont une entité à eux trois. (un peu comme la trinité des catholiques) et ne vivent nulle part ailleurs que dans l'inconscient des lecteurs et des créateurs:

Zembla est l'homme fort, beau, puissant, intelligent, aimé et compris de tous tel que nous aurions aimé devenir
Yé Yé représente la part d'enfance et/ou de "bon sauvage" qui reste en nous
Rasmus est le brave gars un peu empoté – pas très fort et pas très malin- mais sur qui on peut compter quant il le faut que nous sommes devenus le plus souvent.

On peut appliquer cette même interprétation aux trios de Capt'ain Swing ou de Blek par exemple.

C'est une des raisons du succès de ces personnages : ils s'adressent aux différentes facettes de notre inconscient. Dans les années 50 les créateurs ne faisaient sans doute pas ce genre de calcul par intérêt. Par contre on peut constater avec une série cinématographique comme "Star Wars" que ce genre de préoccupations guide les scénaristes d'aujourd'hui.

Satanas par Chris Malgrain
ni lynx, ni jaguar, même pas une queue de félin
On peut aussi expliquer de cette manière les réactions négatives aux nouvelles interprétations de Zembla parues dans SEMIC (cf. l'interview de Rasmus et YéYé sur PIMPF). Les fidèles ne peuvent pas accepter la séparation de leurs personnages préférés car pour eux ils ne font qu'un et trouvent leurs racines au plus profond d'eux-mêmes.

Ceci étant, il n'est pas dit que les nouvelles formes de Zembla ne plairont pas car les héros solitaires ou les "héros qui se posent des questions " fonctionnent aussi. Il faudra soit trouver un autre public (ce qui me semble être souhaité) soit s'adresser à d'autres facettes d'un lectorat plus mûr ( à quand une amie pour Zembla ?) et plus complexe dans ses sentiments.
Gérard Roux


© Pimpf? le 31/10/2001. Proposer un site