Pimpf
Sémic : Entretien avec Guy Dedecker (Le Maugré)

Comme beaucoup de lecteurs de pockets, j'ai découvert Guy Dedecker avec Le Maugré. Quand Franck Anger a relevé une similitude avec un personnage de Steranko, je me suis dit que ce serait bien que l'auteur nous en parle. Le hasard a fait que deux jours plus tard, je suis allé visiter le site de Dominique Fabre et que je suis tombé sur la vente de dessins originaux de Guy Dedecker. Je lui ai envoyé un message pour savoir s'il connaissait l'email du dessinateur et il me l'a aussitôt fourni. J'ai expliqué la situation à Guy Dedecker qui nous a gentiment donné son accord pour cet entretien. C'est parti !
Pub pour le Maugré en vente sur le site de Dominique Fabre Pimpf? Bonjour Guy Dedecker, pouvez-vous nous parler de ce que vous avez fait avant "d'atterrir" dans les pages de Kiwi ?

J'ai, au sortir de mes humanités (=le bac en France), réalisé un album espionnage appelé "CONTREBANDE", sur un scénario de Jean Gilles. Cela a été publié par Michel Deligne il y a +- 25 ans. Michel Deligne est un collectionneur qui publiait à l'époque de jeunes dessinateurs. Son magasin est une véritable caverne d'Ali Baba où tu trouves rien que de la super bonne B.D. sur papier journal, la B.D. populaire d'après et d'avant guerre. Rien à voir avec les boutiques de snobards du centre ville qui te vendent rien que du cartonné avec des ex-libris et du porno de luxe. Tu passes 1/4 d'heure dans cette boutique et tu en as plus vu que pendant trois an en faisant toutes les expos du centre belge de la B.D.! Un ou deux ans plus tard, Deligne remets ça avec un album historique d'égyptiens intitulé "LA CONSPIRATION DE THETI" que j'ai dessiné sur un scénario de Michel Guibert. Avant cela, quand j'étais encore à l'école, j'ai réalisé des histoires complètes pour "Curiosity Magazine" (le fanzine de Deligne) et aussi pour "Comics 130", un excellent fanzine édité par Georges Coune, spécialisé dans le Comics book, pour lequel j'avais également réalisé l'une ou l'autre couverture. Georges Coune avait à l'époque lui aussi une caverne d'Ali Baba, au Pont de
Germoir, où l'on trouvait un tas de comics books de golden age et silver age, empillés de façon pas possible dans tous les coins, avec des revues de science fiction et de fantastique, dans la poussière, dans la cave, partout! Comme Georges travaillait dans un bureau, la boutique était tenue la journée par la grand-mère et les gens venaient là pour acheter des cartes de tram et …des œufs frais! Quand on entrait, il y avait comme un bruit de clochettes de la porte et les japements stridents d'un clebard miteux. C'est dans cette dernière boutique que j'ai découvert le génie de Frazetta, de Berni Wrightson, pas encore connu à l'époque, de Jack Kirby, Al Williamson, Frank Robbins et les autres… en même temps que de Boris Karloff. Tout l'argent de ma jeunesse y a été englouti. Quand je repense à cette époque, ça me donne chaud au cœur. J'ai rencontrai Yves Schlirff (actuel directeur de Dargaud-Belgique) et aussi Christian Darasse et Alain Masson qui ont accepté que je dessine quelque temps avec eux dans une sorte de studio qu'ils s'étaient fait mais cela n'a rien donné pour moi. Il est vrai que j'étais vraiment très faible à côté d'eux. C'est là que j'ai rencontré André Chéret qui m'a donné quelques conseils très intéressants. J'ai rencontré là quelques fois aussi Bernard Hislaire (puisque l'on m'interroge là dessus plus bas) avant qu'il ne travaille pour Spirou. J'ai fait la tournée des maisons d'éditions populaires en France, Mon Journal, Artima à Tourcoing, Pif gadget, une maison catholique (Fleurus? Je ne sais plus.) et un tas de trucs, mais personne n'a voulu de moi. Ca avait failli marcher chez Artima pour des illustrations inter-pages, mais je ne me souviens plus pourquoi ça a finalement échoué.
Après, ça a commencé à être la déglingue complète avec la disparition de tous les magazines B.D. et la déconfiture complète de l'édition, la crise, etc…. Plus tard, j'ai pu dessiner pour le mensuel d'une organisation d'enfants où j'ai réalisé l'équivalent de trois albums : "L'ELEPHANT ET SON CORNAC", historique qui se passe au Laos sous l'occupation française (l'adaptation que j'avais faite d'un bouquin), "LES AVENTURES DE JOËLLE" (humoristique, scénarios de moi) et des histoires complètes historiques sur scénario de Robert Tangre : "LES HISTOIRES VRAIES DE TREBOR" (des histoires de la résistance, etc…) . Après la disparition de ce journal appellé "INFO-PIO", j'ai fait des BD pour les Faucons Rouges j'ai aussi fait des B.Ds. pour une maison de jeunes et pour le secteur associatif . Je suis alors rentrer comme illustrateur au Ministère de la Culture pour dessiner notamment des pièces archéologiques.. Indépendamment de cela, j'ai réalisé le premier
tome du Maugré qui est paru chez "Points-Image". Je travaille beaucoup pour des sociétés folkloriques pour lesquelles je réalise des décors, des affiches, etc…Voilà. Ca, c'est avant "KIWI".
Pimpf? Le Maugré est sorti -partiellement- en album chez un petit éditeur. L'histoire paraissant dans Kiwi est-elle rigoureusement identique ou y-a-t-il eu quelques adaptations au format et au découpage en épisodes ?

Le tome 1 est paru chez Points-Image et avant ça dans la presse quotidienne belge. L'histoire qui paraît dans Kiwi n'est pas la même en ce sens que l'époque y est beaucoup plus précise (1792 exactement) et puis, comme je connais la suite, ça me permet de faire intervenir des trucs qu'il n'y avait pas dans l'album. Le dessin est entièrement refait car c'était inadaptable en format Pocket . C'est donc tout à fait autre chose qui paraît actuellement dans Kiwi. Personnellement je préfères de loin la version "Kiwi". Le découpage est fort différent également.

Pimpf? Le Maugré est prévu pour durer combien d'épisodes et y-a-t-il un projet de collaboration au delà  de cette histoire ?

Le Maugré est prévu pour une très très longue série. Avis aux amateurs. Il y aura plein de suites et re-suites. Des centaines de pages de scénario sont réalisées et ces centaines de pages là, ce n'est qu'un début. Je veux vraiment une série à l'italienne! Si je ne me casse pas la gueule bien entendu…
Le domaine des Meaux

Pimpf? Apparemment, tu t'es retrouvé seul au dessin après la défection du scénariste, avais-tu l'habitude de travailler auparavant avec un scénariste ou travaillais-tu déjà en solo ? Si tu travaillais avec un scénariste, comment vous organisiez-vous la répartition des tâches (découpage, visuels, dialogues etc...)

J'avais déjà travaillé en solo et aussi en collaboration avec des scénaristes. J'ai toujours été très pointilleux avec les scénarios. Cela doit être conçu correctement, bien organisé etc… J'aime bien les bons scénarios classiques, avec un bon début, une bonne intrigue, une bonne fin, etc… J'ai horreur des scénarios "nouveau genre" avec des faux héros, pas de fin ou plein de pages sans texte, etc… les trucs de snobs, c'est pas pour moi! Je demande au scénariste de faire un tableau bien clair, reprenant image par image, numérotées, avec chaque dialogue, chaque commentaire et un succinct résumé de l'image. Mais attention: je ne veux pas que le scénariste se mette à jouer au dessin avec des bonshommes-allumettes ou des trucs du genre! Le dessin, c'est moi et le texte, c'est lui.. Je veux que le texte soit très ,très bien travaillé. J'émets alors mes remarques sur le scénario et nous corrigeons en commun: là il manque un commentaire pour l'intelligibilité de l'intrigue, là il vaut mieux rajouter quelques images de poursuite avec un commentaire d'ambiance, là je demande de supprimer les scènes de cul, etc… En fait je m'énerve très vite avec les scénarios des autres et je préfères les faire moi-même car j'ai des idées bien arrêtées sur la question. Si on fait ses scénarios soi-même, on est beaucoup plus libre et indépendant. Si on a une bonne idée, on est sur de pouvoir la faire, pas besoin de demander la permission à l'autre. J'ai un scénario d'Eric Lalia en attente, un scénariste de la ville de Sète. C'est vraiment très bien de travailler avec lui, il a de très bonne idées et ne se vexe pas quand je corrige ça ou ça. Un gars super! Son scénario est très intéressant et c'est le genre de truc que je n'aurais jamais pensé faire moi-même. Quant au soit disant scénariste d'une première version du Maugré, ce n'était vraiment pas quelqu'un de sérieux. J'ai premièrement répondu à une demande de sa part. D'abord, son travail n'était qu'une simple retranscription du livre "Le Maugré" de Des Ombiaux. Ensuite il m'a demandé de réaliser 3 ou 4 planches, mais en fait il n'avait scénarisé que ces trois ou quatre planches. Ce qui n'est pas professionnel du tout. Pour un travail comme ça, il faut faire le scénario en entier, et pas planche après planche. En plus, quand, sur le conseil d'Yvan Delporte, j'ai proposé une convention de collaboration, il a dit oui d'accord, mettons ça et ça et ça, et après on signe. Tout a été mis comme il voulait. Ensuite, j'ai signé, je lui ai envoyé l'exemplaire pour que lui signe aussi mais alors il a dit: "non, ça ne m'intéresse plus…". Vraiment bizarre. Lorsque nous avons été voir un éditeur, il ne défendait pas du tout le travail, était complètement à plat ventre devant les critiques de la personne qui nous a reçu (ce qui est une très mauvaise attitude) et préférait défendre le point de vue de la personne qui nous a refusé plutôt que de défendre notre travail… Pas très sympa. Par après, je me suis aperçu qu'il n'avait même pas pris contact avec les ayant-droits de Des Ombiaux alors qu'il plagiait le bouquin sans écart. Lorsque l'album est paru (à la sueur de mon front et avec mes sous gagnés au prix de terribles sacrifices) et que la ville de Tournai s'est mise à faire un concours sur le Maugré à l'occasion de la sortie de l'album, il m'a écrit pour demander des nouvelles. Je l'ai trouvée un peu raide et n'ai pas jugé utile de répondre.
Le cas d'Eric Lalia est tout à fait différent: il m'a proposé 4 ou 5 scénarios entièrement terminés et dactylographiés, entièrement originaux, et j'ai choisi celui qui me bottait le plus. Ensuite nous avons signé une convention en bonne et due forme sans aucun problème et il tolère toutes mes remarques et mon caractère un peu retors, me laisse complètement libre et est ravi des dessins que je lui envoie. Avec Eric, c'est moi qui ne suis pas correct car je le fais attendre et c'est franchement grossier de ma part.

Pimpf? Ton dessin semble influencé par Berni Wrightson et d'autres dessinateurs américains. Est-ce que tu t'inspires
de dessinateurs franco-belges ou italiens ? As-tu d'autres influences ?

Mon Dieu, c'est FENZO, le génie des génie! Fenzo a dessiné "JUNGLA" et aussi "TIKI", 2e.série dans SAFARI et aussi, entre autre, une série dans LONG RIFLE. Ce gars dessine 100 fois mieux que Pratt mais les snobards n'ont d'yeux que pour Pratt et ses histoires de nostalgie de l'armée. Fenzo est réellement le génie du petit format. Quel encrage! Quel artiste! Du chef d'œuvre à l'état pur. Et pas d'esthétisme débile! Bien sur, Fenzo s'est compromis avec un certain mauvais goût d'Elvifrance et les histoires de Jungla ne sont vraiment pas recommandables, ce qui est un euphémisme, mais je ne suis pas sectaire. Je suis aussi un fan de Noël Gloesner duquel je suis assez fort inspiré. Mais les gens ne connaissent pas Gloesner pour la simple raison qu'il a travaillé pour les revues de jeunes filles et que nous vivons dans une société misogyne. Certains disent que mon dessin ressemble à Forest (ce qui est une injure à Forest!) alors que je ne m'inspire pas de Forest. Il y a d'autres dessinateurs que j'adore mais dont je ne connais pas le nom. Celui (ou celle?) qui a fait "Robin des Bois" dans "HOURRAH", celui qui a fait "l'insaisissable" ou "l'inflexible" dans "Hourrah" avec les vieux "Bob Mallard" dans "Vaillant". J'aime beaucoup Bastard, Mathelot et Pellos. J'adore Ugelino, qui a fait"JUNIOR" dans Super J. Je reste un fan de Chéret et je m'inspire assez de lui. J'aime bien Giraud mais beaucoup moins Moebius (de la fausse science fiction pour snobs). J'adore Serge Clerc. J'aime beaucoup les dessins de "Madame Atomos" parus chez Artima. X13 c'est super mais les histoires sont parfois un peu décousues.

Le narrateur du Maugré Pimpf? J'ai entendu dire que tu appréciais le Petit Format. Quelles sont les BD (tous genres confondus) que tu lis ou que tu as aimés ?

Je suis un fan invétéré de BLEK LE ROC. J'aime bien Tex Willer et j'adore Spiderman première version (oreilles pointues, bombonnes et tunique noire). J'adore les séries pour jeunes filles: Princesse, Frimousse, Frimoussette, etc… Je raffole de ça!, aussi les histoires d'amour de chez Artima. Et bien sûr, Diabolik, LA série, le grand classique. (NDE : Diabolik, un must !)
Pour moi, le plus grand dessinateur français est avant tout incontestablement Noël Gloesner. Après vient André Chéret, qui est bien meilleur que Giraud et qui a toujours, lui, travaillé pour le public populaire. Je n'aime pas tout ce qui se fait chez Glénat (sans remettre en cause le talent certain de ces auteurs; c'est juste une question de goût personnel). Chez les belges j'aime bien Jijé et Eddy Paape, aussi Reding, Graton, Franquin et Benn.

Pimpf? En voyant "Le Maugré" et un récit complet paru aux éditions Semic, ton style semble collé aux récits historiques avec une certaine dose de fantastique. Penses-tu essayer d'autres genres tels que le policier ou la science-fiction ?

J'ai d'autres projets bien sûr. D'abord une série Moyen-Age (c'est mon dada!) dont j'ai déjà quelques plans et idées. En pocket bien entendu!

Je travaille aussi et j'avance sur une série science fiction (fusées pointues, flingues arrondis et belles femmes de l'espace encapuchonnées dans des aquariums sphériques). C'est pour plus tard mais c'est en route. J'ai aussi en cours cette superbe histoire d'Eric Lalia dont 5 planches grand format sont déjà faites.
Ceci dit, je travaille dans des conditions où les problèmes de survie l'emportent sensiblement sur ceux de la création. C'est bien dommage mais c'est comme ça, il faut faire avec. D'abord j'ai cet emploi au Ministère de la Culture, ensuite, le travail pour SEMIC n'est payé que 100 FF. la planche ce qui est presque du bénévolat quand on compare aux tarifs des grandes maisons et les coûts de matériel. Et puis, pour survivre, je suis obligé d'accepter en plus un tas de commandes sous-payées.
Le problème des conditions de travail est extrêmement important et est souvent sous-estimé par les gens qui s'intéressent à la B.D. Ces conditions de travail ont considérablement baissé ces dernières années. La profession s'est, si je puis dire, déprofessionnalisée, en ce sens que maintenant tous les auteurs de moins de 60 ans ou presque sont obligés d'avoir un autre boulot en plus pour survivre et on ne sait vraiment pas où cela s'arrêtera. Les maisons d'éditions continuent de disparaître les unes après les autres. Il faut vraiment que le lectorat se ressaisisse. Et avec la mondialisation et l'évolution profondément antidémocratique dans laquelle s'engagent nos sociétés, la pratique culturelle est devenue presque quelque chose d'illégal! Je ne ris pas, c'est tout à fait vrai. Les auteurs sont persécutés par un système où la culture n'a plus sa place. Il serait grand temps que les spécialistes s'intéressent à ce type de phénomènes qui sont bien plus important que des questions sur lesquelles on s'attache beaucoup trop, telles le "style" de l'un ou l'autre, les influences, la philosophie artistique des auteurs, etc…
Jai aussi une B.D. en petit format, entièrement en dialecte bruxellois, qui est réalisée à moitié (je suis à la page 41), mais je ne trouve pas le temps de poursuivre.
Le genre "policier", je n'aime pas trop car je trouve ça un peu étroit comme genre. Je lui préfère nettement le genre "contre-espionnage" : les grands enjeux, le monde, la guerre froide… Je trouve cela nettement plus passionnant. Quant au fantastique, je suis un fan, mais attention: je déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l'ésotérisme. Il s'agit de ne pas confondre les deux. (NDE : tout à fait d'accord !)

Pimpf? Dans la thématique, le Maugré m'a rappelé une autre histoire signée d'un dessinateur belge (lui aussi abandonné par son scénariste) : Yslaire dans la série Sambre. Vous sentez-vous des affinités avec ce genre d'histoires ?

Je n'ai pas encore lu SAMBRE bien que j'ai acheté les albums il y a des années parcequ'il y a dedans des calèches et que je dois dessiner des calèches. Yslaire a beaucoup plus de talent que moi bien entendu et il n'y a aucune équivoque là dessus, mais je trouve qu'il fait un peu trop d'esthétisme à mon goût. Ce n'est pas vraiment la BD populaire comme je l'aime. Cette BD m'a l'air assez mysogine et il y a trop de cul pour moi . Et puis cette histoire d'œil crevé, je trouve cela sordide. De même que le strip-tease aux barricades… Un peu ridicule, vous ne trouvez pas? Bref ça me semble un truc qui se prend très au sérieux et moi j'aime bien rigoler quand je lis de la B.D. Enfin bon… Dedecker et Sambre, rien à voir! Je classe "Sambre" dans le cartonné pour snobs. Désolé si j'en vexe. De toutes façon il ne faut pas prendre ce que je dis au pied de la lettre. Le talent d'Yslaire est énorme autant qu'exceptionnel et J'adore surtout l'histoire de Coursensac et Baladin parue dans Spirou.

Pimpf? L'encrage de tes dessins donne à tes personnages des traits épais. Quelle est ta méthode de travail sur une planche de dessin ?
Je réalise d'abord une esquisse minuscule de ma planche au crayon, juste pour voir ce que je vais mettre. Ca c'est la première étape.
2e étape: le crayonné, le plus complet possible au cours duquel je me documente assez bien.
3e. étape: l'encrage. Pour encrer c'est devant la planche seule, sans documentation ni rien du tout. Tout est fait au pinceau, lettrage inclus (sauf les cadres), ce qui donne ce trait spécifique. Attention: je ne tolère pas le mélange d'instruments. Tout est fait avec le même pinceau. D'autres auteurs mélangent plume et pinceau mais je n'aime pas cette technique là. Je suis inconditionnel du fait que tout doit être fait avec un seul instrument. C'est cela qui fait une belle unité au dessin. C'est d'ailleurs un précepte du peintre Pablo Picasso.
4e étape: les retouches, après avoir gommé: les très trop pâles, je repasse dessus pour qu'il n'y ait pas de problème à la photogravure, je gouache certains dépassements, etc… Et voilà, c'est tout.
Je travaille sur du papier Schoeller, sur lequel le pinceau garde une très bonne fluidité et une excellente souplesse.

Merci beaucoup.

Dominik Vallet & Frank Anger

Tous les illustrations sont copyright Guy Dedecker



© Pimpf? le 03/03/2001. Proposer un site