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| Mon Journal : Long Rifle : Le vieux fusil |
| Continuons le tour d'horizon des revues western chez Mon Journal avec Long Rifle qui, à
l'instar de La Route de l'Ouest, a une série Bonelli comme locomotive. La revue 108 numéros de janvier 1978 à janvier 1987. BD western ayant pour série principale "Scotty Long Rifle" alias "Ken Parker" paru chez Bonelli en Italie. L'arrêt de cette série au N°106 signera même l'arrêt de mort de la revue deux numéros plus tard alors qu'elle avait quitté le western pour se lancer dans les récits de guerre. Curieuse "stratégie" au moment où les récits guerriers étaient en perte de vitesse Miro signa une bonne partie des couvertures de la revue parfois relayé par d'autres dessinateurs dont Enzo Chiomenti. |
![]() Le N°1 de la revue par Miro. |
La série principale
En France, toutes ces aventures sont parues dans Long Rifle au rythme d'un demi-épisode par mois
jusqu'au N°106 où ces aventures furent épuisées ce qui provoqua la fin de la revue.

Le N°1 de l'édition italienneScotty Parker, surnommé Scotty Long Rifle à cause de son fusil antique Kentucky au long canon est
la traduction de la série italienne de chez Bonelli intitulée : "Ken Parker". Dès
le premier épisode, Giancarlo Berardi au scénario et Ivo Milazzo aux dessin sont aux commandes d'une
série qu'ils réaliseront pour une bonne part à deux. En Italie, la série devait paraître
dans la revue abritant également les aventures de la Route de l'Ouest, à savoir : "Collana Rodeo",
mais l'éditeur changea d'idée et lui confia une revue propre. Le premier numéro paraît
en juin 1977 sous la houlette de ces créateurs attitrés. On notera une certaine ressemblance du héros
avec Robert Redford, ce qui semble une habitude dans les PF (Cf Dr Wells entre autres).
Avec Ken Parker la bande dessinée populaire change brusquement de ton: l'épaisseur des textes et
le découpage des scènes sont complètement nouveaux, certains thèmes universaux (la
violence, le racisme, l'exploitation des hommes et de la nature, la quête d'identité) font irruption
dans cette série, qui dépasse ainsi les bornes du western classique. Mais les exigences des auteurs
et les ventes insuffisantes provoquent la fermeture de la série en 1984, après 59 épisodes.
Ensuite Ken a été publié en recueils de 180 pages appelés Ken Parker Magazine avec
quelques inédits.
Selon Giancarlo Berardi, son créateur : "Ken Parker est un homme d'aujourd'hui, avec ses problèmes.
Il n'a aucune certitude, il vit au jour le jour avec ses idéaux, pour lesquels il a longtemps combattu:
des idéaux recherchés avec souffrance, désespoir, courage et douleur, en essayant toujours
de rester cohérent." Long Fusil (tel est le surnom de Ken, à cause d'un ancien fusil Kentucky
qu'il utilise toujours) a été trappeur, guide de l'armée, shérif, détective,
écrivain: il a essayé plusieurs métiers dans le monde violent et sauvage du Far West (ses
aventures commencent le 29 décembre 1868), sans perdre de vue son identité d'homme pratique et pourtant
idéaliste, positif, capable d'aimer et de se donner avec générosité. La qualité
exceptionnelle de certains épisodes et l'unicité du personnage (si loin des héros "classiques"
tels que Tex ou Zagor) ont permis à Ken de s'attirer une quantité d'essais critiques et un public
peu nombreux mais passionné.
Si Giancarlo Berardi a imaginé tous les scénarios, il s'est fait secondé par quelques
scénaristes comme Alfredo Castelli, Tiziano Sclavi, Maurizio Mantero et Valerio Rontini ainsi que par une
flopée de dessinateurs. En dehors d'Ivo Milazzi qui a dessiné 24 épisodes, on peut signaler
aussi Giancarlo Alessandrini (Martin Mystère) (6 épisodes), Carlo Ambrosini (8), Renzo Calegari (1),
Gianpiero Casertano (1), Giovanni Cianti (3), Bruno Marraffa (10), Vincenzo Monti (1), Renato Polese (3), Sergio
Tarquinio (5) et Giorgio Trevisan (10).
Un Auteur : Giancarlo Berardi
La 1ère expérience artistique de Berardi remonte à l'université. A
cette époque, la BD ne l'intéresse guère et il se consacre à l'art dramatique ou à
la musique. Il joue d'ailleurs de la guitare dans un groupe.
1970 : Berardi fait ses débuts dans le monde de la BD en écrivant son 1er récit intitulé
« Il Cieco » (l'aveugle) avec au dessin son camarade d'université Ivo Milazzo. Cette histoire
sera publié dans la revue « Horror » (créée par Pier Carpi et Alfredo Castelli).
Il collabore alors avec divers éditeurs, mais sans signer ses travaux comme c'était souvent le cas
à cette période. On le retrouve notamment au studio BIERRECI (composé de Luciano Bottaro,
Giorgio Rebuffi et Carlo Chendi) où il fera des scénarios pour Tarzan, « Gatto Silvestro »
ou « Topolino ».
En 1971, les soeurs Giussani, créatrices de Diabolik, l'embauchent dans leur équipe de scénaristes.
Après ça, il part aux Etats-Unis et montre à John Romita senior ses histoires d'horreur. Comme
celles-ci plaisent à Marvel, il reçoit une proposition pour travailler pour cet éditeur à
la condition de s'installer en Amérique, mais il refuse et retourne en Italie, non sans avoir écrit
une série d'articles sur la BD pour des revues spécialisées.
En 1973, à son retour au pays, il présente sa thèse en langues étrangères en
prenant comme sujet « La sociologie dans les romans policiers » à l'université de Gênes,
puis il décide de se consacrer à la BD.
En 1974, il crée avec son ami Milazzo la série Ken Parker (Scotty Long Rifle) pour la Cepim (qui
deviendra plus tard Bonelli). Cette série était prévue pour paraître dans la revue «
Collana Rodeo » qui a aussi abrité « Storia del west » (La Route de l'Ouest), mais l'éditeur
décida finalement de lui consacrer une revue propre qui démarra en juin 1977. Le personnage est inspiré
par Robert Redford dans le film de Sydney Pollack « Jeremiah Johnson » sorti en 1972. A l'origine,
Ken Parker devait s'appeler « Jedediah Baker », mais ce fut jugé trop compliqué. En attendant
le démarrage de la revue, Berardi écrivit deux récits complets pour « Collana Rodeo
» ; « Wyatt Doyle » dessiné par Gianni Forgiarini et « Terra maledetta » avec
Antonio Canale.
En 1976, Il créé « Tiki » pour « Il Giornalino » avec toujours Milazzo au
dessin. L'année suivante, parallèlement à Ken Parker, il signe trois épisodes du «
Piccolo Ranger » (Le Petit Ranger) et un récit complet avec Alessandrini « Un uomo onesto »
(Un homme honnête). Dans la revue « Skorpio », il publie la courte histoire « Welcome to
Springville » avec Milazzo et Calegari.
En 1980, il signe pour Bonelli « L'uomo delle Filippine » (L'homme des Philippines) dans la série
« Un uomo un'avventura » (Un homme, une aventure) toujours avec son compère Milazzo.
En 1982, dans la revue « Orient Express », il publie plusieurs récits complets avec divers dessinateurs
dont les inévitables Milazzo et Calegari. Il adaptera « Fondation » le roman de SF d'Asimov
sous le pseudonyme de Maurizio Mantero qui est en fait le trio Berardi-Calegari-Milazzo. Dans la même revue
et toujours avec Milazzo, il crée « Marvin il detective » (Marvin le détective).
En mai 1984, Ken Parker s'arrête. Le héros est toujours vivant contrairement à ce qu'avait
toujours annoncé Berardi. En fait, il souhaite continuer la série en se dégageant de la contrainte
d'une sortie mensuelle trop lourde à gérer. Il en profite pour rééditer la série
en couleurs, mais la crise qui frappera la BD italienne l'année suivante interrompra cette tentative.
En 1986, il collabore à « L'Eternauta » avec quelques histoires de Sherlock Holmes illustrées
par Trevisan.
En 1989, Berardi reprend « Tommy Steele » pour « Comic Art » et quelques histoires légères
ou humoristiques comme « Tom's Bar » ou « Giuli Bai & Co ». La même année,
il fonda avec Milazzo la « Parker Editore » qui réédite la série à son
format initial jusqu'en août 1994 et son 62ème épisode. Les trois derniers épisodes
étant des inédits (en France également). Toujours en 1989, il retravaille pour Bonelli sur
la série « Nick Raider ».
En 1991, Berardi réussit enfin à faire accepter une histoire de Tex à Bonelli, mais au dernier
moment, l'éditeur ne publiera pas l'histoire dans la série normale et inaugurera les albums géant
« Maxi Tex ».
En 1992, il créé le « Ken Parker Magazine » qui publiera des histoires inédites
de Ken Parker, mais aussi d'autres récits de Berardi et Milazzo entre autres.
En 1993, il décroche le prix ANAFI du meilleur scénariste de l'année. L'année suivante,
le Ken Parker Magazine est racheté par Bonelli qui continue l'aventure en y adjoignant ses propres personnages
comme Dylan Dog, Nick Raider, Nathan Never, Martin Mystère, Tex ou Mister No.
En 1996, le dernier numéro du Ken Parker Magazine provoque la création d'une nouvelle réédition
des aventures du héros sous forme de revue bimestrielle chez Bonelli en y ajoutant les inédits parus
dans le magazine.
En 1998, paraît l'épisode qui semble être la conclusion définitive de la saga Ken Parker
« Faccia di Rame » car Berardi est totalement accaparé par son nouveau personnage « Julia
». Cette année, marque aussi la fin de la collaboration avec Milazzo. A ce jour, Julia continue de
paraître chez Bonelli.
Les séries annexes
| Gil (Ennio Missaglia & Ivo Pavone, Vladimiro Missaglia)
N°57 à 80. Gil Moran est un vagabond traversant l'Ouest américain tout en passant son temps à
sauver le monde. La seule orginalité de cette histoire étant qu'elle se déroule à notre
époque. Série italienne parue chez Bonelli. Kerry (Tiziano Sclavi & Marco Bianchini) N°81 à 105. Kerry, le jeune blanc, Queeg l'indien télépathe et Mc Bull le vieux trappeur bougon forment le trio de cette série. Vivants reclus dans leur cabane au fond des bois, il leur arrive quantité d'aventures, souvent tintés de fantastique ou de mystères. Tiziano Sclavi, le créateur de Dylan Dog notamment, distillant avec talent ses scénarios étranges relayé par divers dessinateurs dont Marco Bianchini, Stefano et Dominici Di Vito, Marcello Toninelli et Giorgio Pelizzari. Le Condor des Andes (Cordero ou Morale-Cerreto & Cammarota) N°36 à 50. Luis Cruarez est le neveu d'un soutien d'un dictateur sud-américain. Play boy et amateur de poésie (principalement de Pablo Neruda), rien ne semble le prédisposer à l'héroïsme. Pourtant, sous l'identité d'El Condor, il mène une résistance farouche à la dictature. Dans un pays imaginaire d'Amérique du Sud, les auteurs nous content les chroniques d'une lutte contre l'oppresseur assez similaire dans l'esprit à celle de Zorro : efficace. NB : Chaque épisode est ponctué de citations de poèmes de Neruda. |
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Loup Blanc (Ivo Pavone) N°1 à 20. Obéissant au sorcier Corbeau des Ténèbres, un loup au pelage blanc sème la terreur sur la frontière canadienne. Il y a tué notamment, Céline la fiancée de Helbay (justement surnommé "Loup Blanc" par Crochet son ami trappeur). Helbay et Crochet parviennent à briser le charme liant le loup au sorcier réduisant ce dernier à l'impuissance. Après ça, Helbay préfère laisser la vie sauve au loup redevenu pacifique. En guise de remerciement, l'animal les suivra dans leurs pérégrinations. Une série très classique renouant avec le traditionnel trio de héros (Helbay, Crochet et le loup) dont le "passe-temps" est de sauver la veuve et l'orphelin. Le style d'Ivo Pavone ne venant en rien altérer ce classicisme.
Saloon (San Mauro & Stelio Fenzo) N° 1 à 17, 19 à 25, 27, 29, 33 à 35. Le vieux Saloon nous raconte ses aventures passées à travers le far-west. Ses récits le montrent passablement plus jeune, luttant pour le bien de la communauté. Cette série italienne utilise une approche originale pour des histoires sympathiques bien mises en scène par le trait caractéristiques de Stelio Fenzo.
Sans Pitié (Ennio Missaglia & Ivo Pavone, Vladimiro Missaglia) N°25 à 56. Byron Scott surnommé "Sans Pitié" ou "Judas" pour ses méthodes expéditives est un agent de l'agence Pinkerton. Selon son propre patron, c'en est même le meilleur, celui qu'il envoie sur les affaires les plus complexes. Accompagné de Fireball son fidèle destrier, on le voit donc résoudre les enquêtes les plus ardues à la pointe de son colt, non sans nous avoir gratifier de quelques "Snakes", son juron favori. Parti sur des bases intéressantes du bandit repenti devenu justicier implacable dans le style "Charles Bronson", le héros se banalise au fur et à mesure des épisodes. Série italienne appelée "Judas" parue chez Bonelli. Elle ne dura que le temps de 11 numéros.
Wakantanka (Juan Zanotto) N°60 à 70. Durant la guerre opposant les français et les anglais pour la possession de l'Amérique, les tribus indiennes ont pris partie pour un camp ou l'autre. Le jeune de la tribu Chippewa Wakantanka a été chassé par les siens quand il rencontre l'ex-lieutenant anglais : Marlon Catlin. Ensemble, ils traversent la guerre et son cortège d'horreur à travers des récits doux-amers fort agréables.
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Autres séries : Trotty, Frères de Sang N°21, Casey Ruggles (Warren Tufts) N°22 à 24, Les Aventuriers N°51, Jungle Jeepers N°106 à 107, L'Aigle N°107 à 108, Commando N°108. Insolite : Casey Ruggles a connu un destin varié dans notre pays. D'abord publié sous le nom de Dick Rivers dans Tarzan en 1950 où les héroïnes furent soigneusement rhabillées pour la censure. Puis sous son nom dans Garry chez Impéria (1955), Big Horn à la SER (1957-1960). Enfin dans Long Rifle chez Aventures et Voyages (1979-1980) et Totem chez le même éditeur sous le nom de Casey O'Casey (1980-1983). Michel Deligne propose une série de huit albums entre 1978 et 1980. Dans Long Rifle N°29, Scotty Long Rifle rencontre la plupart des héros de western : Tex Willer, Kit Carson, Tiger Jack, Kit Willer, Miki le Ranger ou peut-être le Petit Ranger, Zagor, Larry Yuma, Cisco Kid, Pancho et même Lucky Luke !!! Dans le N°99, on aperçoit le Capt'ain Swing dans l'épisode de "Kerry". A gauche, un extrait du N°29 (merci à Cumo et Franck Anger) |
Internet
Pour tout savoir sur la série "Scotty Long Rifle", il faut absolument visiter le site Unofficial Bonelli et leur page sur "Ken Parker" : http://www.ubcfumetti.com/kp/desc_fr.htm La page de description de la série est en français, mais les autres pages ne sont disponibles qu'en italien, ce qui n'est qu'un problème mineur vu les similitudes avec la langue française.
Bien entendu, on pourra toujours consulter l'index habituel des revues Mon Journal à l'adresse : http://bdmonjournal.free.fr/longrifle/index.htm.
Et toujours l'actualité des parutions Mon Journal à la nouvelle adresse du site Pimpf : www.pimpf.org
Dominik Vallet