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Mon Journal : El Bravo, la famille Western

Ce mois-ci, je vais parler d'El Bravo, une revue assez particulière parmi toutes celles publiant du western.

N°10 de la revue
Le N°10 de la revue
La revue

111 numéros d'octobre 1977 à février 1987. Mensuel entièrement consacré au western dont les principales séries furent :
"Kekko Bravo" des frères Missaglia & "Bronco et Bella" de Gino D'Antonio à qui l'on doit également "La Route de l'Ouest".
Ces séries et quelques autres comme "L'Homme de Richmond" ou "Western Family" ont comme point commun d'être d'une qualité au dessus de la moyenne, fédérant ainsi un noyau d'aficionados de la revue. Malheureusement, pas assez nombreux pour faire perdurer "El Bravo" au-delà de ces neuf ans d'existence...

NB : El Bravo fut trimestriel le temps d'un numéro, le N°100, mais redevint mensuel immédiatement suite aux protestations des lecteurs..

C'est Miro (alias Vladimiro Missaglia) qui a signé la majorité des couvertures dont celles représentant "Battling Bopp". Sinon, on retrouve aussi Enzo Chiomenti et Guido Zamperoni et même Gino D'Antonio avec les illustrations originales de "Bella & Bronco"
Un Auteur : Ernesto Rudesindo Garcia Seijas
Ernesto Rudesindo Garcia Seijas est né en juin 1941 à Ramos Mejía, Buenos Aires (Argentine). Il a commencé sa carrière avec "Bill y Boss" pour les éditions « Fascinación » en 1957. Puis, il dessine des adaptions de films et des histoires sans personnages récurrents pour l'éditeur Columba. Dans les années 70, il dessine « Tom della prateria » & « León Loco » sur des scénarios de Hector Oesterheld. En 1974, l'éditeur Record décide de lancer la revue « Skorpio » en pariant sur une qualité supérieure à celle de Columba, son concurrent direct. Garcia Seijas fait partie des recrues et il développe les séries à succès telles que "Skorpio" (scénario Ray Collins), mais aussi « Thali Tyler » (scénario Carlos Trillo) ou « Mandy Riley » (scénario Ray Collins).
En 1982, la revue « Lanciostory » l'enrôle en débutant la série « Helena » (scénario Robin Wood), un des plus gros succès de l'auteur. Il alternera alors sa production entre ses deux revues majeures en créant de nombreuses séries telles que "Los Aventureros" ("Les Aventuriers" dans Long Rifle), "Black Soldier", "L'Homme de Richmond" (avec Andrea Manteaux), « Bruno Blanco » (scénario Carlos Trillo) et « Specie in via d’estinzione » (« Espèce en voie d'extinction », scénario de Viviana Centol).
Il a réalisé des illustrations pour Billiken et Anteojito. Il a publié également aux USA pour EPC et DC Comics. En Italie, il a travaillé quasi-exclusivement pour l'éditeur « Eura » (sauf un épisode dans le N°15 de « Eternauta » avec pas mal de traduction de sa production argentine, parfois mise en couleurs.

L'Homme de Richmond
Une planche de l'Homme de Richmond

Avec Trillo il a créé pour Clarin "El Negro Blanco" et le "Bardo" pour la Presse.
Plus récemment, il a publié « Radzel » (scénario Eduardo Mazzitelli) dans Lanciostory fin 2000 et début 2001 qui raconte l'histoire d'un ange (féminine) qui abandonne le paradis pour vivre sur terre. Malheureusement, ce dessinateur est un perfectionniste qui produit en conséquence assez peu. Certains le classent même parmi les meilleurs illustrateurs du monde.

Les séries

Battling Bopp par Miro BATTLING BOPP (Iure & Caterina (?) Mognato ou Vladimiro Missaglia) N° 73 à 101.
Battling Bopp, de son vrai nom Baptist O'Moe, est un bûcheron dans la région du lac de Yellowstone. Il vit perdu au fond des bois avec sa compagne Aglaé Bliss surnommée Cheyenne. Cette dernière jure comme un charretier, fume la pipe et a un caractère de cochon tout en étant d'une grande beauté. Qui plus est, elle est issue d'une famille spécialisée dans la cambriole et l'escroquerie ce qui la rend un tantinet nerveuse devant les représentants de la loi. Pour compléter la galerie de personnages haut en couleurs, il faut ajouter Boutchoumou, l'indien qui fait une fixation sur la scalp de Bopp et tente par tous les moyens de lui subtiliser et Poppie, la tenancière rondelette de l'unique saloon de la ville. Alors que rien ne semble prédisposer ce "trou" perdu à vivre des moments passionants, les gens de passages occasionnent sans cesse des aventures diverses et variées.
Une série agréable dont l'aspect comique réhausse le coefficient de sympathie.

BLACK JACK (Mancuso & Devescovi) N° 1 à 54.
Black Jack est un justicier au grand coeur redistribuant aux nécessiteux les primes qu'il peut percevoir en arrêtant des bandits. Bizarrement, il semble s'être attaché aux pas de Sagaro le mexicain.
Ce dernier est incontestablement un hors-la-loi, mais c'est assez souvent pour défendre des causes justes, même si les moyens sont parfois limites. Un lien étrange se tissent entre ces deux hommes qui se respectent et s'apprécient et finissent même par devenir amis. Si l'on ajoute que Sagaro tombe amoureux d'Hidalga Martens, épouse du juge du même nom, cela complique encore plus son existence. Surtout que ces sentiments sont partagés.
Un étonnant western où les héros se retrouvent bien souvent du mauvais côté de la loi sans pour autant démériter.
NB : On retrouve aussi cette série dans Atémi et Pistes Sauvages

KEKKO BRAVO (Ennio Missaglia & Santelli, Vladimiro Missaglia, Rancho, Giuda) N° 1 à 50.

Série italienne intitulée "Jesus" dans son pays d'origine. Kekko Bravo, surnommé "El Bravo" ou le "Gaucher" est un blanc qui a été élevé chez les indiens Arapahos par un sorcier dont il est devenu le fils adoptif. Bien que ne vivant plus dans cette tribu, il y est toujours le bienvenu et notamment par la jolie Awanaka qui lui fait les yeux doux. Kekko Bravo préfère parcourir la plaine avec son ami Ray Jackson (plus connu sous le nom de Pinson Rieur) pour capturer des chevaux dont ils font le commerce. Pinson Rieur est un drôle de gaillard maigrichon, affublé d'un haut de forme de croque-mort. Quand ils se sont rencontrés, il était marié avec trois indiennes de la tribu des Mandans qui le martyrisaient. Grâce à son nouvel ami, il a pû leur échapper et depuis, ils ne se quittent (presque) plus. Leurs tribulations les embarquent souvent dans des aventures où Kekko devient le héros tentant de défendre une certaine harmonie entre indiens et blancs.
Une série assez classique des frères Missaglia, mais de bonne facture.

KILLROY N° 24 à 43.
Accompagné par Gus Tolliver, journaliste du "New-York Sun", Killroy arpente l'ouest américain en quête d'aventures que son compagnon s'empresse de raconter pour son journal.
Killroy est un justicier classique réhaussé par la présence de son ami journaliste. Malheureusement, celui-ci semble disparaître dans les épisodes.

Une pub pour El Bravo

Une pub pour El Bravo

L'HOMME DE RICHMOND (Ray Collins & Ernesto Garcia Seijas) N° 51 à 72.
Ron Warlock est un sudiste pur jus qui poursuit de sa vindicte Fancy Lenormand car il a fait massacré sa famille. Il est accompagné par Chaleco l'indien, puis par Lola la mexicaine. Une fois sa vengeance achevée, ils poursuivent leur route ensemble tout en ne cessant de se chamailler. Il faut dire que Ron Warlock trimballe avec lui tous les préjugés raciaux des sudistes alors que ces amis prônent la tolérance et l'amitié entre les peuples.
Une excellente série argentine où les défauts du héros lui confèrent une humanité rare. A découvrir de toute urgence !
NB : Cette série est parue aussi dans la revue "Karacal" chez Sagéditions.

MARSHALL JIM (Ivo Pavone) N° 18 à 23, 44 à 49.
Connu aussi sous le nom de "Marshal Jim" (avec un seul "L" à Marshall). Série italienne. Marshall Jim est le shériff (ou marshall) d'Abilène, le grand marché au bestiaux de l'ouest américain et les bandits sont légions, mais il veille au bon respect de la loi.
Un western classique, mais de bonne facture.
NB : Certains épisodes sont d'Ivo Pavone, mais d'autres semblent être d'Aldo Capitanio. On retrouve cette série dans TIPI.

Bella & Bronco par Gino D'Antonio

Bella & Bronco par Gino D'Antonio

BRONCO & BELLA (Gino d'Antonio & Renato Polese) N° 93 à 111.
Série italienne éditée par Daim Press, l'ancêtre de Bonelli pendant 16 numéros de juillet 1984 à octobre 1985. Chaque épisode faisaient 66 pages. On trouve aussi comme dessinateurs : Alessandro Chiarolla, Gaetano & Gaspare Cassaro et Giovanni Freghieri.
La version française a d'abord repris les épisodes au rythme d'un par numéro d'El Bravo avant de commencer à les découper différemment. Tout d'abord avec des épisodes plus longs (74 pages), puis pour finir plus courts (42 pages). Il semble bien que l'intégralité de la série ait été publiée. Bella Madigan est une tenancière de saloon ne dédaignant pas de faire les danseuses sexy pour ameuter le client. Elle est cependant en fâcheuse posture quand l'agent de la Pinkerton Hasselmann vient lui réclamer les lingots que son petit ami a dérobé aux soldats nordistes. Elle est même sauvée par l'intervention de Bronco, un indien habillé comme un blanc. Si Bronco signifie "cheval sauvage" en espagnol, il se refuse à dire son vrai nom, prétendant que ça porte malheur. Dès lors, ils vont tenter ensemble de récupérer le fameux butin, tout en formant un couple détonnant. Entre Bronco, l'indien civilisé et cultivé et Bella, la blanche un brin filou et sexy en diable, le courant va passer pour les pousser dans des aventures où ils rencontreront d'autres personnages haut en couleurs.

STRAY DOG (Mancuso & Lino Jeva) N° 51 à 72.
Stray Dog est un métis d'indien et de blanc qui parcourt l'ouest américain avec Tzarak son fidèle destrier en essayant de faire cohabiter ses deux ethnies d'origine, ce qui semble particulièrement compliqué et il se trouve donc souvent embarqué dans des situations délicates. Série italienne très classique.
NB : "Stray Dog" signifie "Chien errant".

WESTERN FAMILY (Claudio Cicogna & Rancho, Santelli) N° 55 à 92.
Série italienne. A l'instar de "La route de l'Ouest", cette série raconte l'histoire du far-west à travers les tribulations de la famille Morrison. On découvre d'abord Nathaniel, commerçant en bois et massacreur d'indiens qui est en conflit ouvert avec Keith, son fils. Un fils que l'on suivra après le décès de son géniteur. Il aura deux fils : Saül avec une indienne et Martin avec son épouse légitime. Saül, lui-même ayant deux fils : Jason et David dont l'un prendra le parti des indiens et l'autre celui des blancs. A chaque génération, tous les éléments d'une tragédie intense sont en place au gré de l'histoire américaine.

Les autres séries : Loup Solitaire (Ivo Pavone) N°1 à 17, Larry Yuma (Claudio Nizzi & Carlo Boscarato, Andrea Mantelli, Nadir Quinto et Paolo Ongaro) N° 75 à 91, Rocky le Trappeur (Pierre Castex & Saverio Micheloni) N° 105 à 111, Tom Garrick (Ivo Pavone) N° 102 à 104, Yankee (Michel Paul Giroud) N° 110

Jesus N°5 au Portugal
Kekko Bravo (Jesus) N°5 au Portugal
Insolite :

Les dessinateurs de "Western Family" se sont amusés à prendre modèle sur des acteurs pour chacun de leurs personnages. On y reconnait Marlon Brando, Brigitte Bardot, John Wayne et bien d'autres qui m'ont échappé.

Sagaro, le personnage de "Black Jack" est très nettement inspiré de Charles Bronson, l'acteur américain.

"Kekko Bravo" est intitulée "Jesus" dans son pays d'origine sans qu'il soit possible de deviner pourquoi à la lecture des histoires. Le Portugal qui l'a aussi publié a conservé son nom d'origine.

La série "Bronco & Bella" s'appelle en Italie "Bella e Bronco". Pourquoi cette inversion dans la traduction française ? Une histoire de galanterie ? Toujours au chapitre des inversions, dans le 1er épisode, les pages 64 et 65 sont inversées !
Internet

Bien entendu, on pourra toujours consulter les index habituels des revues Mon Journal à l'adresse : http://bdmonjournal.free.fr/elbravo/index.htm

Un remerciement particulier à Fabrice Castanet qui m'a envoyé des renseignements sur les séries Mon Journal, et notamment sur les auteurs des séries d'El Bravo.

Dominik Vallet


© Pimpf? le 30/10/2003. Proposer un site