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Mon Journal : Conan : Un barbare super spécial

N°1
Le N°1 de Super Conan

Ce mois-ci, je vais parler de Conan le barbare à travers les deux revues que Mon Journal lui a consacré : "Super Conan" et "Super Conan Spécial".

Les revues

Super Conan : 52 numéros d'octobre 1985 à décembre 1989. Format 20x28 cm jusqu'au N°3, puis 18x26,5 cm jusqu'à la fin.
La revue présente exclusivement les aventures du barbare le plus célèbre de la BD (et du petit écran) à travers les histoires en couleurs parues à l'origine dans "Conan the barbarian" (à partir du N°130) et celles en noir et blanc parues dans "The Savage Sword of Conan" (à partir du N°50). Elle s'est arrêtée quand Sémic a racheté les droits d'exploitation du héros de Robert E. Howard.

Super Conan Spécial : 10 numéros de novembre 1986 à novembre 1989.
Les aventures de Conan le barbare issues de la revue US "King Conan".

Les couvertures sont toutes issues du matériel américain avec une prépondérance pour Norem et Joe Jusko, mais il y eut aussi quelques illustrations de Nestor Redondo ou Ernie Chan..

Un Auteur : John Buscema

John Buscema est né le 11 décembre 1927 à Brooklyn (New York). Ses premières influences artistiques furent le « Prince Valiant » de Hal Foster, le « Flash Gordon » d'Alex Raymond et le « Tarzan » de Burne Hogarth. Il suivit les cours de la « High School of Music and Art » à Manhattan tout en passant ses nuits à suivre les cours de dessins du « Pratt Institute ». En dehors de cette formation théorique, John Buscema passait son temps (il lui en restait ?) à visiter les musées pour étudier les travaux des Grands Maîtres que sont Michelange, Léonard de Vinci, Rubens ou Raphaël. A ces débuts professionnels, il fut également influencé par quelques illustrateurs fameux des années 40 ou 50 comme Al Dorne, Norman Rockwell ou Robert Fawcett.
Il commence réellement sa carrière de dessinateurs chez Timely Comics (l'ancêtre de Marvel) en 1948. Il y passe un an et demi avant d'aller travailler en free-lance pour diverses compagnies de publicité. Il faut dire que le marché des comics est alors en chute libre et beaucoup de dessinateurs suivent le même chemin que Buscema. Il restera dans la pub jusqu'en 1966, jusqu'au jour où son ancien « boss » Stan Lee vient le chercher avec une « offre très alléchante » pour travailler chez Marvel. A partir de cette date, Il a travaillé quasi-exclusivement pour la « boîte à idées », oeuvrant sur la plupart des séries majeures telles que « Silver Surfer », « Fantastic Four », « Avengers » et bien sûr « Conan ». Une mention particulière pour la trilogie de « Weird World » parue chez Artima dans les années 80.

Auto-portrait de John Buscema
Pub pour l'Immortel d'Ongaro

Dans les années 70, il commence à donner des cours de dessins et sort le fameux ouvrage « How to Draw Comics The Marvel Way » avec Stan Lee.
En 1996, Buscema décide de se retirer du monde des comics book. Il sortira de cette « retraite » cinq ans plus tard pour participer à quelques conventions en Italie et la « Comic Con. » de San Diego où Vanguard Press sortira « The John Buscema Sketchbook » avec des dessins de sa collection personnelle.
En septembre 2001, il fera sa seule infidélité à Marvel en dessinant pour DC Comics « Just Imagine Stan Lee with John Buscema Creating Superman » qui sera traduit en France par Sémic. Malheureusement, ce fut un chant du cygne car quelques mois plus tard, on lui diagnostiqua un cancer. Malgré ses problèmes de santé, il continua de travailler sur un projet avec DC, mais il ne le finira pas. Conan et son créateur venait de succomber à un cancer le 10 janvier 2002.

La série



La couverture de Liberatore

Conan le Barbare (Roy Thomas & John Buscema) Conan est une jeune cimmérien avide d'aventures quand il quitte son pays. Très tôt, il a une vision prémonitoire qui le montre roi d'un grand royaume. La Cimmérie est un royaume assez frustre dont les habitants sont des barbares individualistes adorant le dieu Crom. Parmi eux, Conan est un colosse empli de furie qui va l'emmener dans tous les coins des royaumes connus. Il y rencontrera de nombreuses femmes dont l'une des plus remarquables reste Red Sonja qu'il ne put jamais dompter. Il tombera tout de même amoureux de la corsaire Bêlit, mais celle-ci périra dans un épisode inoubliable. Ses principaux ennemis et ceux qu'il craint le plus sont les sorciers. Il hait la sorcellerie car il sait qu'il ne peut maîtriser ces forces. Parmi les peuples, ceux de Seth, adorateurs du serpent sont aussi des adversaires perpétuels. Bizarrement, ils sont inspirés par l'Egypte ancienne, qui a plutôt bonne presse, elle. Pour finir, Conan deviendra le roi d'Aquilonie, se mariera et aura deux fils.

Adapté de Robert E. Howard, Conan est sans doute son oeuvre la plus connue et la plus aboutie. Dans les années 70, Roy Thomas veut l'adapter en BD, mais Stan Lee et Marvel ne sont pas très chaud pour sortir des sentiers battus des super héros. Malgré tout, à force de persuasion, Thomas réussit à convaincre ses supérieurs hiérarchiques et sort le premier numéro de "Conan the barbarian" avec aux pinceaux un dessinateur britannique quasiment inconnu : Barry Smith (plus connu aujourd'hui sous le nom de Barry Windsor Smith).

John Buscema avait bien été pressenti, mais ses tarifs élevés risquait trop de handicaper une revue débutante sur un créneau à risques. Smith dessinera une vingtaine d'épisodes flamboyants avant de claquer la porte. La revue est alors sur les rails du succès et John Buscema rapplique pour dessiner son personnage fétiche. Dès le début, il dessine un Conan plus musculeux et baraqués que celui de Smith. Il imprime une image tellement forte au cimmérien qu'il est devenu impossible de penser à lui sans immédiatement voir surgir le dessin de Big John. Le succès aidant, Marvel décline le héros dans plusieurs revues : "Conan the barbarian" est la série principale, "Savage Sword of Conan" propose des histoires plus adultes, plus longues et en noir et blanc tandis que "King Conan" (puis "Conan the King") montre le futur du barbare quand il est devenu roi.

Après plus de 120 épisodes, Roy Thomas quitte le navire tandis que Buscema dessine encore la majorité des épisodes. Petit à petit, il sera remplacé au sommaire de ces revues, mais pas dans le coeur des lecteurs. Après 275 numéros, la série est arrêtée aux Etats-Unis. Une tentative de reprise sera bien tentée, mais elle échouera. Conan peut-il vivre sans Roy Thomas et John Buscema ?

Conan est une série qui a connu de multiples éditeurs et supports dans notre pays et il est un peu ardu d'essayer de suivre la chronologie d'origine. D'autant plus que certains épisodes ont tout bonnement été omis par l'ensemble des éditeurs sans que l'on sache vraiment pourquoi. Malgré tout, je vais tenter de défricher le sujet pour permettre au néophyte de s'y retrouver.

Tout d'abord, il faut aller lire dans divers N° de la revue "Eclipso" (Conan the barbarian N°1 à 11), puis dans les N°7 à 9 de L'Inattendu (Conan #12 à 15), ensuite il faut passer à "Conan" dans la collection "Comics Pocket" (#17 à 41), aller ensuite lire les albums Artima Color 1ère série (#42 à 108), puis 2ème série (#109 à 126) avec une incursion dans la revue "Démon" (#78 à 88). Ensuite, on passe à "Super Conan" (#131 à 217) et "Conan VI" chez Sémic (#219 à 262). On remarquera qu'il manque les 13 derniers numéros ainsi que de nombreux "trous". A noter également que les premiers épisodes ont été réédités (en couleurs) dans la revue "Conan Pocket Color" ainsi que dans les derniers numéros de "Conan VI".



Une planche de Savage Sword of Conan par Ernie Chan

Historiquement, ce sont les mythiques albums Lug qui ont lancé le bal en France, mais ils publiaient des épisodes de "Savage Sword of Conan".

NB : Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur la saga Conan en France, un dossier est prévu dans la revue "Pimpf Mag" N°6 avec notamment une interview de Roy Thomas.

Pub pour le service Minitel
Pub pour le service Minitel

Insolite :

A l'instar de la revue "American BD", le N°1 et 2 sont réunis dans un numéro double pour le prix d'un seul numéro.

Devant le succès de la revue, il y eut même un service mintel dédié au personnage dont on peut admirer la pub (tirée d'une couverture de Joe Jusko).

Super Conan (et Super Conan Spécial) furent les seules revues de Mon Journal à avoir un courrier des lecteurs, publiant même des dessins de Conan des lecteurs les plus doués. Parmi eux, on peut lire une lettre d'un certain Christophe Malgrain, accompagné d'une jolie illustration du cimmérien. Aujourd'hui, Chris publie professionnellement pour les éditions Sémic et prépare un album avec François Corteggiani ! Coïncidence, son style n'est pas sans rappeler celui de John Buscema, un de ses dessinateurs fétiches !

Parmi les nombreux artistes ayant officié sur les couvertures des deux revues, on notera particulièrement celle de Liberatore (Super Conan Spécial N°10), non seulement parce que l'artiste est aussi rare que doué, mais aussi parce qu'elle fut utilisée auparavant pour un album géant paru aux éditions Artima : "L'anneau de Rakhamon".

Internet

Une fois n'est pas coutume, il existe une kyrielle de sites sur le sujet. Je me contenterais de citer les principaux :

Hyboria : http://bertrand.despas.free.fr/ qui recense toutes les parutions françaises du barbare (encore incomplet)

Artima : http://www.aredit.fr.st/conan/ qui recense quasi-intégralement les parutions de Conan chez cet éditeur.

http://www.total.net/~iggyowen/home.htm Le site officiel de John Buscema (en anglais).


Bien entendu, on pourra toujours consulter les index habituels des revues Mon Journal à l'adresse : http://bdmonjournal.free.fr/conan/index.htm

Dominik Vallet


© Pimpf? le 22/08/2003. Proposer un site