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La Légion Etrangère dansla Bande Dessinée Populaire

Légion étrangère : deux mots, synonymes d’aventure, d’exotisme et de romantisme. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle ait servi de décor à des livres, des films et bien sûr des bandes dessinées.
La légion étrangère, héritière des régiments étrangers servant la France, a été créée le 18 mars 1831 par une ordonnance royale de Louis Philippe. Composée au départ de gardes suisses encadrés par des officiers français, elle va peu à peu accueillir divers apatrides, des soldats de fortune sans passé qui deviendront français par le sang versé pour la patrie. A ses débuts, elle participe à la conquête de l’Algérie. En 1835, elle est cédée à l’Espagne pour mater l’insurrection carliste.

 

Un siècle plus tard, le fumetto Romano il legionnario de Kurt Caesar publié dans Il Vittorioso entre 1938 et 1943 traite de la légion espagnole mais se révèle hélas surtout comme une bande servant la propagande fasciste. Il a été traduit dans les pockets Super boy, Ténax et Garry chez Impéria.
Parallèlement, une seconde légion, créée en 1835 poursuit la conquête de l’Algérie. En 1842, elle fonde la ville de Sidi-bel-Abbès dans le Sud Oranais. En 1855, elle participe à la guerre de Crimée.
Sept ans plus tard, la légion part pour le Mexique. Le 30 avril 1863, elle connaît son Fort Alamo à l’hacienda de Camerone (Palo Verde) où 3 officiers et 62 soldats aux ordres du capitaine Danjou vont résister jusqu’à la mort à 1200 cavaliers et 80 fantassins mexicains ! Cet acte de bravoure allait rendre la légion mythique à travers le monde entier.

Un album franco-belge de Marien Puisaye (textes) et Philippe Glogouiski (dessins) retrace cet épisode parmi d’autres. Intitulé La légion tome 1 : Camerone, il relate l’épopée de la légion étrangère de Louis Philippe à la Guerre de 14.

1883 : la légion part dans le Tonkin protéger les populations civiles contre les Pavillons Noirs.
En 1892, après plusieurs missions en Afrique noire, la légion est de retour à Sidi-bel Abbès où elle lutte contre les razzias des nomades. C’est dans cette période que se situe l’action de la plupart des bandes dessinées traitant de la légion.

Légion extranjera est une bande espagnole de Juan Abellan de 1952, parue en 23 fascicules aux éditions Edis : au cœur du désert, la fameuse légion étrangère doit lutter contre les rebelles qui assaillent les colons dans un climat de violence, d’exotisme et d’érotisme.
Lors de leur séjour en Argentine, Alberto Ongaro et Hugo Pratt proposent en 1954 leur version avec Legion Extranjera (Legione Straniera) dans Misterix des éditions Abril.

Toujours en provenance d’Argentine et toujours dans Misterix, Foreign Legion ou Legion Extranjera (Legione Straniera en Italie) dessinée entre autres par Luis « Lucho » Olivera (Nippur) reprend ce thème en 1964.

Aqui, la légion (Qui la legione) est encore une série argentine mais plus récente (1976-94), écrite par Robin Wood et dessinée par Luis Garcia Duran pour les éditions Columba puis reprise à partir du 73ème épisode par Armando Fernandez (texte) et Beto Formento (dessin) puis Angel Fernandez qui clôt la série en 1994. La série décrit les aventures et les affres existentialistes d’un groupe de légionnaires à Sidi bal Abbès, à la fin du XIXe siècle dont le commandant Kozakovitch, l’aristocrate Jacques de Fontenac, le charismatique Max Chevalier, le sarcastique Francis Didier et le mystérieux Bosch. Ensuite, l’action de déplace en Indochine pour les derniers épisodes. La série a été publiée en Italie dans Skorpio en 1982-84 et 1990-91 (rééditions du n° 44 au 52) puis rééditée dans I giganti dell’aventura n° 11,14 et 20.

Képi blanc (Legione Straniera) publié en France en 1985 dans le petit format En garde ! (n°81-89) relate les aventures de légionnaires français luttant en Algérie à Sid-bel-Abbès, au fort Lourmel, contre les rebelles : les protagonistes peu « héroïques » sont de toutes nationalités : il y a l’américain William Heart, le sergent Lebrun, l’allemand Hermann Hoffner, l’italien Pier, le capitaine Boyer, etc. Chaque récit, centré sur un personnage en particulier, propose une vision souvent désenchantée mais humaniste de ces antihéros.

Il s’agit là encore d’une série argentine des éditions Record publiée dans Skorpio entre la fin des années 70 et les années 80. Parmi les dessinateurs se relaient notamment Alberto César Salinas et Hugo Gil

1914-1918 : 1ère guerre mondiale.

1920-26 : pacification du Maroc

Lord Greystoke vivant en Afrique, il se devait de rencontrer la fameuse légion. C’est chose faite en 1931 dans Tarzan and the Forein Legion dessiné par Hal Foster (planches du dimanche du 27/09/31 au 20/12/31, rééditées dans Tarzan n° 192 en 1970 par Gold Key et dans le volume 8 de l’intégrale de Soleil en 1994). Le récit s’inspire nettement du film « Morroco » de Josef von Sternberg sorti l’année précédente avec Gary Cooper et Marlène Dietrich dont le succès a contribué à l’image romantique de la légion.



Bien plus tard, Joe Kubert remettra Tarzan en contact avec des membres de la légion étrangère à Sid bel Abbès (Super Tarzan n°7).

En 1935, la légion comprend dans ses rangs plus de 18000 allemands.

L’année suivante, Floyd Gottfredson dessine pour le New York Mirror Mickey Mouse in the Foreign Legion, sur un texte de F.G et Ted Osborne (traduit en France dans l’album Mickey agent secret, Dargaud, volume 6).Une partie a été jugée trop violente par la censure de l’époque !

En 1938, Gaylord Dubois et Robert R. Weisman proposent Blaze Brandon with the Foreign Legion


Gary Cooper récidive dans le rôle du légionnaire en 1939 dans Beau Geste un film de William Wellman qui entretient la légende. La même année, de nombreux républicains espagnols s’engagent dans la légion étrangère.

La légion est également réputée pour accueillir en son sein toute sorte d’individus au passé pas forcément reluisant, ainsi Dakor the magician personnage créé en 1940 dans Mystic Comics (Timely) doit rejoindre la fameuse légion étrangère pour y pourchasser un meurtrier réfugié en son sein (même s’il n’était pas d’accord au départ, Dakor !), tandis que chez le même éditeur, le Captain Strong, soldat de fortune de la légion française fait une brève apparition dans Daring Mystery

Mai-juin 1942 : la légion participe à Bir Hakeim puis à des combats en Tunisie et Italie. Bir-Hakeim est justement le titre du tome 2 de La Légion de Marien Puisaye (textes) et Philippe Glogouiski (dessins) qui retrace son épopée entre 1919 et 1945.

En pleine guerre mondiale, National Periodic (futur DC) édite Ghost Patrol, une bande débutée en 1942 dans Flash Comics (65 épisodes inédits en France écrits par Ted Udall, E. Demby et John Wentworth et dessinés par Franck Harry) qui relate les aventures de 3 légionnaires décédés devenus des fantômes qui combattent les nazis ! (info Jean-Louis et JMF)

1944 : débarquement en Provence.

Ensuite, la légion intervient en Indochine (1945-54), en Algérie (1954-62) et une page se tourne avec l’abandon de Sidi-bel-Abbès le 4 octobre 1962. Depuis, elle a surtout participé à quelques opérations en Afrique noire. Finalement, au cours du temps 670 000 hommes auront servi dans ses rangs.

Sans compter quelques animaux célèbres ainsi Bugs Bunny in the Foreign Legion dans Four Color 233 en 1949, Donald Duck in the Forein Legion, Snoopy qui s’attribue le grade de sergent major ou le volatile Reddy Goose dans Foreign Legion Fracass en 1960.

 


Dans les années 50, c’est la télévision qui prend le relais du cinéma : Captain Gallant of the foreign legion dessiné par Don Heck (Iron Man) s’inspire de la série télévisée de NBC avec Buster Crabbe entre 1954 et 1957 : la série comprend 4 numéros édités par Charlton Comics de 1955 à septembre 1956. Dans un registre plus comique on retrouve en comic book Abott et Costello les deux stars de la télévision américaine dans Abott and Costello in the Foreign Legion (1950). Comme on le voit, aux USA, l’image du français est très attachée à la légion ainsi chez Marvel, le super vilain français Batroc, adversaire récurrent de Captain America est le roi de la savate et a été légionnaire avant de devenir mercenaire ! Une autre image de la légion, véhiculée par Gary Cooper, c’est son côté romantique. Les soldats engagés ne fuient pas que la justice. Ainsi Popeye dans le dessin animé « Insultin’ the sultan » s’engage dans la légion pour oublier Olive ! Dans un registre plus réaliste, le fumetto Requiem por un legionario d’Andréa Mantelli et Renato Polese perpétue cette image romantique dans Collana Rodeo de Sergio Bonelli Editore (années 70)

La Légion dans la BD (2ème partie)


© Pimpf? le 26/11/2003. Proposer un site